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DÉSÉQUILIBRES MUSCULAIRES : IMPACT SUR LA LOMBALGIE

par Oct 19, 2018Posturologie1 commentaire

Quels sont les impacts des déséquilibres musculaires sur les maux de dos ?

Pourquoi sommes nous sujets à une disbalance musculaire ?

Pourquoi la position du bassin influence t-elle des tensions au niveau lombaires ? 

RAPPELS

Nous avons vu dans l’article précédent le mal de dos et lombalgie : Les causes que pour soulager une lombalgie, deux options sont envisageables : le traitement médicamenteux et le traitement mécanique.

Toutefois, cet article ne traitera que des traitements mécaniques et plus particulièrement de l’impact des déséquilibres musculaires sur la lombalgie.

D’expériences, de nombreuses douleurs se résorbent grâce à l’action combinée de renforcement musculaire et d’étirements.

Ainsi, choisir cette option nécessitera de la discipline et de la rigueur. Le temps et la régularité seront vos investissements.

En revanche, cette méthode ne comporte aucune contre-indication, aucun effet indésirable ou secondaire à l’inverse des traitements médicamenteux qui ne résoudront pas les paramètres mécaniques.

Pour diverses raisons, comme par exemple la sédentarité, un manque d’activité physique, de mauvaises postures ou pour des raisons héréditaires, certains muscles se raidissent, d’autres se détendent.

MUSCLES PHASIQUES VS MUSCLES TONIQUES

En effet, certains muscles sont connus pour être plutôt phasiques, alors que d’autres muscles sont plutôt toniques.

En clair, cette distinction est établie par la dominance de fibres à contractions rapides (fibres blanches ou fast twitch IIa & IIb ou à l’inverse à majorité lentes (fibres rouges ou slow twitch).

De plus, cette répartition de fibres lentes ou rapides dépend de plusieurs paramètres :

1. La fonction du muscle

La fonction du muscle aura une incidence sur la répartition des fibres musculaires : posturaux ou générateur de mouvements ?

En effet, les fibres musculaires de type lentes ne génèrent pas les pics de force les plus importants. En revanche, elles supportent des contractions sur une longue période de temps et ne sont donc que peu fatigables.

Les muscles qui interviennent dans la posture sont ceux dont les fibres sont à dominante lentes comme par exemple les soléaires (environ 80% de fibres lentes) ou les muscles paravertébraux.

Ces muscles sont des muscles dits toniques et sont responsables du maintien de la posture.

Au contraire, les muscles à contraction rapide, tels les triceps, produisent des contractions très puissantes dans de courtes unités de temps, c’est à dire qu’ils sont également rapidement fatigables. Ils sont périphériques (vs profonds) et sont créateurs de mouvements.

Nous les appelons les muscles phasiques.

2. Le profil de la personne

De plus, il peut s’avérer qu’un même muscle ne dispose pas de la même répartition entre fibres de type I et IIa et b. En effet, sa répartition sera différente en fonction du profil génétique de la personne, de son utilisation, de ses activités.

Selon l’excellent document de l’université de Rennes, typologie musculaire”, la répartition des jumeaux entre un coureur de fond et un sprinter sera la suivante :

% SLOW

TWITCH

% FAST

TWITCH

COUREUR SPRINT

24

76

COUREUR DE FOND

79

21

En somme, les muscles ont une fonction et leurs fibres sont en partie transformables.

C’est pour cette raison que l’entraînement a une influence sur leur composition. Les muscles s’adaptent et connaissent une certaine plasticité.

En résumé, la vidéo ci-dessous explique succinctement et parfaitement les différentes familles de muscles, la composition des différents types de fibres musculaires et leurs fonctionnements.

FOCUS SUR LE BASSIN

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Tout d’abord, le bassin est une partie du squelette, en forme d’entonnoir, constitué des deux os coxaux latéraux, du coccyx et du sacrum en arrière.

Puis, le bassin se situe au niveau de la jonction entre la colonne mobile (axe du tronc) et les membres inférieurs, il constitue la ceinture pelvienne.

Seul l’humain a un bassin large, évasé et pourvu de masses musculaires aussi puissantes, capable d’assurer le maintien de la station verticale.

En somme, cette articulation solide et massive doit impérativement être la plus stable possible pour supporter l’empilement vertébral sus-jacents. Pour cela, les muscles qui y sont rattachés doivent présenter une harmonie subtile entre tonicité et élasticité.

Si telle n’était pas le cas, le bassin ne se situerait plus dans une position optimale, impactant ainsi la structure supérieure qu’est la colonne vertébrale.

QUELS SONT LES MUSCLES CIBLES CONCERNANT LES LOMBALGIES ?

Certains muscles de par leur manque d’activité physique et par leur manque de sollicitations, se détendent et perdent de leur tonicité. Ce sont les muscles à tendance phasiques.

Les exemples les plus fréquents sont les muscles fessiers, les triceps, les abdominaux et notamment le transverse et il est nécessaire de les renforcer car ils sont trop relâchés.

A l’inverse, d’autres muscles sont toniques et de par nos postures quotidiennes (position assise prolongée par exemple) sont raccourcis et trop raides. Les muscles ischio-jambiers et les trapèzes supérieurs en sont les exemples les plus connus.

C’est pourquoi, afin de lutter contre les douleurs au niveau des lombaires, il faut  prendre conscience qu’un équilibre harmonieux doit être établi entre tous les muscles phasiques et toniques connectés au bassin.

Afin de comprendre comment agir sur les muscles concernés et quels actions menées, il est primordial d’étudier l’anatomie afin de visualiser les origines et insertions des muscles.

Enfin, il est également utile de connaître les actions des muscles et ainsi pouvoir analyser le mouvement.

UN PEU D’ANATOMIE…

LES MUSCLES A TENDANCE PHASIQUES

1. LE TRANVERSE

Le transverse est un muscle latéral profond de la paroi de l’abdomen sous les obliques. Il est tendu de la colonne vertébrale à la ligne blanche.

Le tranverse prend place sur toute la cavité abdominale, sur :

  • la face interne de la portion cartilagineuse des six dernières cotes, par autant de digitations qui s’entrecroisent avec les digitations correspondantes du diaphragme.
  • la lèvre interne de la crête iliaque, dans ses trois quarts antérieurs, a l’aide de fibres tendineuses extrêmement courtes.
  • le tiers externe de l’arcade crurale, par des fibres charnues qui se juxtaposent immédiatement à celles du petit oblique.
  • la colonne lombaire et, tout particulièrement, sur les apophyses transverses, par l’intermédiaire d’une large aponévrose d’insertion, qui est l’aponévrose postérieure du transverse.
Par ses faisceaux insérés aux côtes, le transverse rapproche celles-ci du plan médian et concourt ainsi au rétrécissement du thorax et a l’expiration. Mais ce n’est là qu’un rôle accessoire.

Ainsi, sa fonction principale est d’agir sur les viscères abdominaux, qu’il comprime contre la colonne vertébrale, à la manière d’une sangle.

C’est pourquoi, il prend une large part aux divers actes du vomissement, de la miction, de la défécation, de l’accouchement.

Il est donc acteur principal du ventre plat !

2. LES OBLIQUES

Les muscles obliques sont des muscles de la paroi de l’abdomen. Ils sont pairs et symétriques. Il y a :

  1. Le muscle oblique externe de l’abdomen ou grand oblique de l’abdomen est un muscle large de la paroi latérale de l’abdomen. Il est pair et symétrique.
  2. Le muscle oblique interne de l’abdomen est comme son nom l’indique un muscle de la paroi abdominale du groupe des muscles larges. De plus, il possède un corps musculaire puissant dirigé en rayon de roue autour de la crête iliaque.
  1. L’origine du muscle oblique externe de l’abdomen se fait sur la partie osseuse des côtes K5 à K12.
    La terminaison se fait par une aponévrose. Premièrement, le pilier latéral vient s’insérer sur le ligament inguinal et le pubis. Deuxièmement, le pilier médial vient se fixer sur la symphyse pubienne. Enfin, le pilier croisé va s’insérer sur la symphyse pubienne contro-latérale.
    De plus, des fibres vont aussi former la ligne blanche et échanger des fibres avec le muscle controlatéral.
  2. Le muscle oblique interne a pour origine le fascia thoraco-lombaire, la lèvre médiale (ou intermédiaire) de la crête iliaque et la moitié latérale du ligament inguinal.

Il a pour terminaison :

  • côtes K9 à K12.
  • caudalement pour former le tendon conjoint.
  • médialement, la lame tendineuse forme la ligne blanche et échange des fibres avec le côté contro-latéral.
  1. La contraction unilatérale du muscle oblique externe permet la rotation contro-latérale du tronc ainsi que de son inclinaison homolatérale. Lors d’une contraction synchrone avec les autres muscles larges de l’abdomen, il permet de faire une rétro-version du bassin.
  2. La contraction unilatérale du muscle oblique interne permet l’inclinaison du tronc.

De plus, lors d’une contraction synchrone avec les autres muscles larges de l’abdomen, les obliques internes et externes permettent de faire une flexion de la colonne thoraco-lombaire ainsi qu’une hyperpression abdominale utile à l’expiration active, la miction et la défécation.

3. LES FESSIERS

Les muscles fessiers forment un groupe musculaire localisé sur la face postérieure du bassin et est composé de 3 muscles distincts :

  1. Premièrement, le grand fessier ou maximus gluteus.
  2. Puis, du moyen fessier ou gluteus medium.
  3. Enfin, du petit fessier ou gluteus minimus
  1. Le grand fessier s’insère sur la crête iliaque, sacrum, coccyx et aponévrose du muscle érecteur du rachis. Il se termine sur le tractus ilio-tibial du fascia lata et sur la partie externe de la ligne âpre sous le grand trochanter du fémur.
  2. Les moyen fessier et petit fessier s’insèrent sur l’ilion et se termine sur le grand trochanter du fémur.
Les fessiers jouent un rôle primordial. 

Tout d’abord, ils maintiennent notre corps et assurent sa stabilité. 

Puis, ils délivrent la force et l’explosivité de nos mouvements et amortissent les impacts pour protéger nos hanches, nos genoux, nos cheville, etc.

Le grand fessier est extenseur et rotateur latérale de la cuisse.

Le moyen fessier est abducteur et rotateur médiale de la cuisse.

Le petit fessier est abducteur et rotateur latérale de la cuisse.

LES MUSCLES A TENDANCE TONIQUES

1. LES ISCHIOS-JAMBIERS

Le groupe musculaire ischio-jambier comprend trois muscles de la région postérieure de la cuisse que sont :

1. Premièrement, le muscle biceps fémoral (longue portion)

2. Deuxièmement, le muscle semi-tendineux

3. Troisièmement, le muscle semi-membraneux.

Ils s’insèrent en haut sur la tubérosité ischiatique et en bas sur le tibia (Patte d’oie) et sur la tête de la fibula (péroné).
La longue portion du biceps fémoral et le semi-tendineux ont un tendon commun sur la partie postéro-médiale de la tubérosité ischiatique.
Le semi-membraneux a un large tendon isolé, qui s’insère sur la tubérosité ischiatique en dehors du tendon commun au long biceps et semi tendineux.
En arrière de ce groupe musculaire chemine le nerf sciatique.

Tout d’abord les ischio-jambiers sont principalement fléchisseurs de la jambe et accessoirement extenseurs de la cuisse. Lors de la marche ou de la course, ils sont également antagonistes du quadriceps. Ainsi, ils permettent de freiner l’avancée de la jambe à la fin du pas et empêchent l’extension brutale et complète du genou.

C’est pourquoi, lorsqu’ils sont toniques et musclés, ils protègent les tensions trop importantes sur le Ligament Croisé Antérieur (LCA).

2. LES ADDUCTEURS

Les adducteurs sont composés de 5 muscles distincts :

1. Le court adducteur

2. Le moyen adducteur

3. Le long adducteur

4. Le gracile

5. Le pectiné

L’insertion supérieure des adducteurs se situe sur toute la longueur du bord inférieur de l’os iliaque.

Puis, celles du long et du court adducteurs sont proches de la symphyse pubienne (un des tendons est facilement palpable sous la peau).

L’insertion inférieure du groupe des adducteurs se situe sur toute la hauteur de la ligne âpre, entre les deux crêtes ; elle se prolonge en bas jusqu’à un tubercule situé sur le condyle médial.

Ils sont adducteurs de la hanche.

Premièrement, si la hanche est en flexion, les fibres situées en arrière du centre de l’articulation sont extenseurs de la hanche ; en fin d’extension, seul le faisceau vertical – le plus postérieur – est extenseur.

Deuxièmemnt, en fin d’extension, aucun faisceau n’est extenseur mais le muscle est fléchisseur de la hanche puisque les faisceaux se situent en avant du centre de l’articulation.

3. LE PIRIFORME

Le piriforme est un muscle du plan profond de la région glutéale. Il appartient au groupe des muscles pelvi-trochantériens.

Il s’étend du sacrum à l’épiphyse proximale du fémur. Allongé, aplati et triangulaire, il naît de la face pelvique du sacrum par trois digitations charnues séparées par les 2e et 3e foramens sacraux pelviques.

Ses fibres se dirigent en avant et en bas, passent à travers la grande incisure ischiatique et pénètrent dans la région glutéale.

Enfin, il chemine en arrière de l’articulation coxo-fémorale et se termine sur la face interne du grand trochanter.

Le muscle piriforme est fléchisseur, abducteur et rotateur latéral de hanche. Il participe également à la rétroversion du bassin. Autrement dit, ce muscle permet de réaliser des montées de genoux (fléchisseur), d’écarter la jambe vers l’extérieur (abducteur) et d’effectuer une rotation externe de la cuisse.

4. L’ILIO-PSOAS

Tout d’abord, le muscle ilio-psoas fait partie des muscles composant la ceinture pelvienne et est localisé dans la région de la jambe.

Ensuite, le tronc et la jambe sont reliés par le muscle ilio-psoas. Il est divisé en deux faisceaux qui sont le muscle grand psoas et le muscle iliaque.

Le muscle ilio-psoas recouvre une zone assez vaste qui regroupe l’aine, l’abdomen, le thorax et les quatre premières vertèbres lombaires.

  • Le Chef Psoas dispose de 2 plans :- Tout d’abord, le plan antérieur : faces latérales des disques intervertébraux de T12 à L5 et les corps vertébraux de T12 à la dernière ou avant-dernière vertèbre lombaire. Puis, le plan postérieur : face antérieure des processus costiformes de L1 à L5.

 

  • Chef Iliaque : en éventail au niveau des 2/3 supérieurs de la face médial (anciennement fosse iliaque interne) de l’os coxal au-dessus de la ligne arquée (anciennement ligne innominée)

La terminaison des muscles iliaque et psoas se présente sur la face antérieure du sommet du petit trochanter.

Ses fibres se dirigent en avant et en bas, passent à travers la grande incisure ischiatique et pénètrent dans la région glutéale.

Enfin, il chemine en arrière de l’articulation coxo-fémorale et se termine sur la face interne du grand trochanter.

Principalement, le muscle ilio-psoas assure des mouvements de rotation et de fléchissement du tronc et des hanches.

Si le point fixe est sur la colonne vertébrale et le bassin : il est fléchisseur de la hanche (rotateur externe léger).

Si le point fixe est le fémur, il incline la colonne et le bassin en avant.

5. LE CARRE DES LOMBES

Le carré des lombes est un muscle aplati quadrilatère appartenant à la paroi lombale postérieure.

Le carré des lombes est formé par trois faisceaux.

Premièrement, les faisceaux ilio-costaux et ilio-transversaires s’insèrent sur la partie postérieure de la crête iliaque. Puis, ils se dirigent en haut et en dedans et se terminent sur la 12e côte et les quatre premiers processus transverses.

Deuxièmement, les faisceaux costo-transversaires s’insèrent sur la 12e côte, se dirigent vers le bas et en dedans pour se terminer sur les processus transverses des vertèbres lombaires.

Le carré des lombes permet l’inclinaison de la colonne vertébrale, du thorax et du bassin du côté de la contraction.

6. LES MUSCLES SPINAUX

Les muscles érecteurs du rachis sont de longs muscles situés de part et d’autre de la colonne vertébrale. Ils sont très importants dans de nombreux mouvements mais aussi pour la prévention de blessures vertébrales ainsi que dans le travail postural.

En somme, les muscles érecteurs du rachis représentent un groupe de 3 muscles situés dans la région lombaire du dos:

1. les muscles ilio-costal,

2. Le longissimus

3. Les épineux.

Tout d’abord, le semi-épineux est situé sous l’érecteur du rachis et ne descend pas plus bas que le milieu du dos ; il est composé du semi-épineux de la tête, du cou et du thorax.

Puis, les spinaux postérieurs qui ont une action parallèle au transverse sont composés des interépineux, des intertransversaires, des rotateurs et du multifidus : c’est souvent eux qui sont désignés lorsque l’on parle de lombaires.

Premièrement, les muscles spinaux sont extenseurs de la colonne vertébral. Puis ils l’inclinent latéralement ou lui impriment des mouvements de rotation.

Enfin, ils sont également responsables de l’effet d’auto-grandissement. C’est pourquoi, ils sont érecteur du tronc et du rachis.

Ainsi, nous pouvons comparer ces ensembles de muscles à des haubans qui soutiennent une structure, à savoir le squelette.

En somme, l’accumulation de tensions déséquilibre la charpente et lorsque certains muscles n’assurent plus leur fonction première, des systèmes de compensations sont mis actions. Cette réponse est délétère au bon fonctionnement mécanique et finit par créer des adhérences et des inflammations.

La problématique étant posée nous pourrons nous intéresser dans le prochain article “Solutions pour traiter la lombalgie” aux actions à mettre en place pour retrouver un juste équilibre et une harmonie entre ces chaînes musculaires dans le but de retrouver une mobilité optimale et un dos soulagé de maux !

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